Mana : Une histoire riche en événements
L’arrivée de la soeur Javouhey au début du 19ème siècle qui fonde la
congrégation de soeurs de Saint Joseph de Cluny (église, le presbytère
et la résidence des sœurs). De nombreux bâtiments seront construit sous
son autorité : école, maisons créoles.
Mana assiste à l’installation de la léproserie sur le domaine de l’Acarouany qui fermera ses portes en en 1976.
A
la fin des années 1890, l’activité aurifère va prendre le relais. En
1891, ce sont plus de 700 ouvriers qui travaillent sur les placers.
Mana connaît alors un fort développement économique (commerce de vente
et d’échange). Les orpailleurs payaient leur première nécessité en
poudre d’or ou de pépites.
Mana comptaient près de 2400 habitants.
A noter aussi à Mana une activité liée à la présence du bagne à St Laurent, avec le secteur de la crique Charvein.
A partir de 1980, la commune connaît une grande vague d’immigration successive:
- Immigrations organisées dans le cadre des plans de
développement (plan riz et plan vert) avec l’arrivée des hmongs sur le
village de Javouhey , les européens et antillais…
- La réactivation de la riziculture et l’arrivée des hmongs relance ainsi la vie économique de Mana.
- Mouvements de population dus aux difficultés économiques et politiques vécues par les habitants (Haïti, Surinam, Guyana)
L’afflux le plus important se produit après 1986 avec les bushinengues
et amérindiens résidant au Surinam qui seront chassées par les conflits
militaire au Surinam.
Des camps de réfugiés sont placés sur le territoire de mana sur les lieux de Charvein et de l’Acarouany.
En
1992, après la fermeture des camps, et malgré l’aide au retour au pays
des immigrés, les PPDS( Personnes provisoirement déplacés du Surinam)
décident de revenir et de s’installer de façon individuelle ou en
famille le long des principaux axes de circulation construisant parfois
de véritables petits villages dépourvus d’équipements.
Ces
événements historiques ont conduit à une répartition très large de la
population avec des pôles de peuplement très marqués et à une
organisation sociale très diversifiée.
Le bourg de Mana présente
un patrimoine d’une grande valeur architecturale, témoin d’une histoire
et d’un passé encore fortement présents.
SA SITUATION GEOGRAPHIQUE
D’une superficie de 6 520 Km2, la commune de Mana est limitée au nord
par l’océan atlantique, à l’ouest par les communes de Awala Yalimapo et
St Laurent, à l’est par les communes d’Iracoubo et St Elie, au sud par
la commune de Saul.
Cette commune littorale située au nord ouest du département est rattachée à l’arrondissement de St Laurent du Maroni.
Le bourg de Mana est distant d’environ 230 Km de Cayenne et 40 Km de St Laurent.
L’espace communal d’une largeur moyenne de 40 Km, pénètre de 140 Km à l’intérieur des terres.
La commune de Mana est membre de la CCOG.
Une répartition inégale sur le territoire.
L’essentiel
des activités humaines se situe entre la bande littorale et la route
nationale 1 sur une superficie estimée à 800 km2 soit à peine plus de
10 % du territoire communal.
Une implantation désordonnée des populations sur le territoire communal.
L’histoire mouvementée de la commune a conduit à la création de nouvelles unités de
vie souvent dispersées sur le vaste territoire communal.
SA VIE QUOTIDIENNE
Le bourg de Mana et le village de Javouhey étaient les deux
principaux pôles urbains de la commune. Le bourg de Mana correspond au
site historique et regroupe l’essentiel des services, Javouhey est un
village créé lors de l’implantation de la communauté hmong, il répond à
une vocation essentiellement agricole.
Depuis 1988, un habitat se
développe sans autorisation en dehors du bourg, de façon continue sur
100 Km, le long des axes de circulation de la RN1 et des CD8 et CD9.
LES HMONGS
Les Hmongs du Laos furent les alliés des français durant la guerre
contre les Japonais, puis durant la guerre d’Indochine. Ils prirent
aussi les armes pendant la guerre du Vietnam, aux côtés des Américains
pour la plupart d’entre eux. Après le départ des Américains, le Palhet
Lao (Mouvement Nationaliste et pro-communiste laotien qui combattirent
les forces gouvernementales, soutenues par les Américains) les prit
donc pour cible.
15
à 20 000 morts parmi les Hmongs au Laos en 1975, 85 000 en fuite vers
la Thaïlande à travers le Mékong, c’est là dans les camps qu’ils furent
dispersés. La plupart immigrèrent aux Etats-Unis (35 000 en 1983)
d’autres furent accueillis en France (environs 4 000 de la même date)
et 1000 en Guyane, afin de fonder un village à vocation agricole.
Un
premier groupe arriva en Guyane en 1977, composé d’environs 500
personnes. On les installa sur le site de Cacao, sur la rivière Comté.
Un autre village, Javouhey, sur la commune de Mana à côté de l’ancienne
léproserie de l’Accarouany, fut ouvert en 1979 avec un nombre
d’habitants. Situé à 20 km de sa commune mère, Mana et à 20 km de la
sous Préfecture (Saint-Laurent du Maroni), le village de Javouhey tient
son nom de la fondatrice de mana, Anne marie Javouhey
POURQUOI LA GUYANE ?
La réponse est vague, ce qu’on peut dire, c’est qu’ils ont été
installés par le C.N.E (Comité Nationale d’Entraide) en liaison avec le
secours catholique, et sous l’impulsion de deux missionnaires Oblats de
Marie qui après avoir vécu un certains nombres d’années dans les
villages Hmongs sur les crêtes et ayant aussi appris leur langue se
sont installés dans les villages de Guyane. Les Hmongs sont tous des
agriculteurs selon les plans établis au moment de leur implantation.
Chaque village est entouré par un défrichement, terrain loué à la
municipalité et géré par une coopérative. Ils y pratiquent le
maraîchage et un peu de riziculture.
LA CULTURE ET LA TRADITION
La société Hmong est très structurée et hiérarchisée, ils ont de tous
temps été regroupés en village. Un village pour être équilibré et
durable, doit comprendre au moins six clans d’égale représentation dans
la population villageoise. Les hmongs du Laos sont répartis en 18
clans. En Guyane, on trouve à Javouhey 2 clans principaux et 4 de
moindre importance numérique.
On
trouve le chef du clan, tout de suite après se trouve le chef de
famille. Le chef de famille n’est pas forcément le plus âgé, mais celui
qui pour diverses raisons a les plus d’ascendant et peut avoir le plus
d’influence vis-à-vis de l’extérieur. Le village est dirigé par un
Conseil d’Ancien formé par les chefs des clans locaux et des chefs de
familles importantes.
Le Conseil des Anciens a un réel pouvoir décisionnaire quand la règle d’équilibre est respectée dans la composition du village.
Village
réputé pour ses terres fertiles, vous y ressentirez durant tout votre
séjour une ambiance de marché et pourrez également visiter les champs
agricoles de cette population très cultivatrice. Ces derniers ont su
rapidement jouer un rôle économique non négligeable, notamment dans
l’approvisionnement du pays en produits maraîchers de Guyane.
Avant d’arriver, vous découvrirez les vestiges de la Léproserie du village de
l’Accarouany, porte d’accès de cette partie très touristique de la Guyane.
Vous
serez également saluer tout au long du trajet par la population Noir
Marron qui, par leur artisanat, vous offriront l’occasion de remporter
des souvenirs inoubliables de votre riche et belle Guyane.